vendredi 23 mai 2008

Les femmes en politique : une bonne idée? (par Francis Kuntz)

mardi 20 mai 2008

Le cancer pour les nuls

Décidément les Français sont loin d'être bons en anglais. Ainsi comme l'indique le Canard Enchaîné du 23 avril dernier France Télécom a gardé sous le coude pendant deux ans et demi un rapport scientifique sur des risques de cancers chez certains de ses employés – les lignards, qui posent des câbles – parce que le rapport était rédigé en anglais...

A l'origine de ce rapport la mort de cinq employés de Saint Nazaire d'un cancer du poumon entre 1989 et 1995. La CGT porte plainte. Sous la pression de médecins du Travail l'entreprise confie à deux chercheurs de l'INSERM une étude épidémiologique afin de déterminer si l'activité des lignards est factrice ou non de cancers. En 2003 un rapport est publié indiquant la difficulté de déterminer avec certitude l'origine des cancers.

L'affaire rebondit en avril 2007 quand un médecin du Travail découvre que les deux médecins qui effectuaient le rapport ont poursuivi leurs travaux et que leurs conclusions, en anglais, sont moins mitigées. Le rapport constate ainsi une “augmentation significative du risque de décès par cancer du poumon chez les lignards”. Autre rebondissement : les médecins découvrent que la direction de l'entreprise connaissait ces conclusions depuis 2005, alors qu'il y a peu cette même direction justifiait ses retards par le fait que le texte était en anglais.

Ces remous ont eu en tout cas des effets : une commission amiante a été crée. Mais quid des lignards ayant exercé entre 2003 et 2008? L'avenir nous le dira.


samedi 17 mai 2008

Quelques nouvelles de Serge Dassault

Dans la République française présente il existe certains hommes symbolisant parfaitement les déviances de notre système. Serge Dassault bénéficie de ce privilège, de par ses pratiques faites de connivences et d'opacité. Dans son oeuvre Hegel affirmait lui que l'Histoire était faite d'affrontements, mais que de la synthèse de ces conflits naîtrait à terme une société future proche de la perfection.
Osons espérer que de la République présente faite de technocratie, de corruption et de connivences naîtra une République future défendant l'intérêt général, la probité, la transparence et la démocratie. Cette République de demain est possible, à condition que la paresse et l'inaction des citoyens ne permette pas la victoire des forces de l'inertie face aux forces du progrès et du mouvement.

Serge Dassault donc...deux récents articles du Canard Enchaîné nous démontre que tel le Paris Saint Germain dont chaque match en fait un récidiviste du délit d'atteinte à la noblesse du football, Serge Dassault semble être lui un récidiviste de l'atteinte à la noblesse de la politique.

Dans son article du 7 mai l'hebdomadaire satirique nous indique que si Serge Dassault n'est pas un Pierre Mendès-France en matière politique, il a bien le talent de Bertrand Renard des Chiffres et des Lettres en matière de mathématiques. L'article s'interroge sur le budget de la commune de Corbeil-Essonnes : celui-ci était en effet en état de déficits “lourds et répétés” il y a à peine deux ans, et le budget présenté juste avant les municipales est excédentaire, ce qui donne lieu à une baisse des impôts locaux.
Hors notre Bertrand Renard a une astuce : le 2 juillet 2007 la commune transfère au Syndicat intercommunal d'assainissement et de restauration des cours d'eau – la SIARCE - la gestion de ses eaux usées (son budget étant de 2,8 millions d'euros). Hors la loi impose un transfert de fonds dans ce cas. Et la municipalité n'octroie que 800 000 € à la SIARCE, et en conserve 2 millions d'euros, soit 10 points de fiscalité locale...

Déjà dans son édition du 23 avril le même hebdomadaire narrait le manque de clarté des comptes de Corbeil-Essonnes : malgré le scepticisme de certains face au redressement financier des comptes de la commune le préfet de l'Essonne Gérard Moisselinex-directeur adjoint de cabinet de Nicolas Sarkozy-Bellemare au ministère de l'Intérieurenvoye un courrier à la chambre régionale des comptes indiquant que la “tutelle” sur les comptes de la commune arrive à terme.
Mais le président de la chambre régionale des comptes indique lui que le Code général des collectivités territoriales oblige à communiquer le budget réalisé et le budget en cours, soit en l'espèce les budgets 2007 et 2008, faute de quoi elle se doit de refuser de certifier ces comptes. Déjà en 2007 le préfet avait pris un arrêté approuvant le budget primitif de Corbeil alors que la chambre régionale des comptes critiquait deux mois plus tôt les déficits de la commune, et invitait à augmenter les impôts locaux. Avis donc non suivi d'effet.

Depuis le préfet a obtenu une promotion : il est devenu préfet de la région Champagne-Ardenne suite à une décision du Conseil des ministres. Simple information.

mercredi 14 mai 2008

Olivier Besancenot, révolutionnaire pour bobos : rumeur pas rumeur?

A y est! Le petit facteur est devenu grand. Après être passé il y a quelques années dans « Les grosses têtes » de Philippe Bouvard, Olivier Besancenot a été l'invité ce dimanche de « Vivement Dimanche » de Michel Drucker : avant de connaître le Grand Soir, on sera donc obligé de passer par le long après-midi.
Certes Olivier Besancenot a de grandes qualités : un discours sans tabou comparé à d'autres leaders de la gauche, un discours a priori non dogmatique mais pragmatique, un discours pédagogique, et surtout à l'exemple de Georges Marchais il y a quelques années Olivier Besancenot a su parfaitement maîtriser la réalité médiatique dans son ascension politique.

Pourtant son discours n'est pas dénué d'ambiguïtés ou d'engagements qui peuvent laisser sceptiques : son refus de mettre les mains dans le cambouis car son bilan depuis six ans se limite à parler et à critiquer et non à agir et à réaliser; des propositions sur l 'écologie un peu limitées (il n'a pas signé le pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007); un antisionisme qui frise parfois l'antisémitisme (certes il est possible de critiquer Israël mais pourquoi rester silencieux dans le même temps sur la Syrie?); des manifs communes avec des islamistes : la laïcité ne semble plus bonne lorsqu'elle fait perdre des parts de marché dans les banlieues; sa propension à utiliser le capitalisme comme bouc-émissaire, à l'exemple de l'extrême droite qui fait de même avec les étrangers.
En 2007, son projet ressemblait à une lettre au Père Noël, parsemé de propositions dignes de Francis Lalanne : comme des diplômes pour tous ou la paix dans le monde. Et près d'un tiers de ses propositions étaient un copié-collé du projet de Ségolène Royal, projet qu'il a pourtant critiqué.

Par ailleurs de nombreuses rumeurs, pas forcément étayées, concernent notre gentil facteur circulent sur Internet, alors que les médias restent très silencieux à ce sujet.
Pas rumeur : avant de surmédiatiser son job de facteur Olive a été assistant parlementaire au Parlement européen. Leurs salaires varient de 1 500 à 5 000 € mensuels, et il assistait Alain Krivine. Dommage qu'à l'époque il n'amenait pas de caméras pour filmer son activité de col blanc payé par le contribuable.
Pas rumeur? En complément de son salaire de postier Olivier Besancenot percevrait des rémunérations complémentaires de la LCR, ce qui lui permettrait de gagner plus en militant plus.
Rumeur? Olivier Besancenot serait marié avec Stéphanie Chevrier, appartenant à la direction de Flammarion, dont le salaire serait de 10 000 € mensuels. Notons que c'est Flammarion qui a publié le dernier ouvrage d'Olivier Besancenot. Avec un salaire pareil Olive pourrait se mettre au RMI, à moins que son job de facteur ne soit qu'un argument marketing, mais on n'ose y penser.
Le couple occuperait par ailleurs un appartement à Montmartre, dans le 18ème arrondissement de Paris, quartier du Sacré Coeur. Sa copine lui a aussi ouvert son réseau de contacts presse, et dispose d'un savoir-faire en la matière.
Pas rumeur : toujours aussi discret sur sa vie privée, on le comprend, Olivier parle peu de ses deux cousins Hervé et Bertrand qui ne sont pas postiers mais ambassadeurs, job où le SMIC est de 14 000 €

Quoi qu'il en soit on peut appliquer à Olivier Besancenot la phrase de Laurent Fabius à l'égard de Jean Marie Le Pen : « il pose les bonnes questions mais apporte les mauvaises réponses », tant il est vrai que la politique se limite parfois à un match OM-PSG, où les pseudos combats idéologiques masquent les problèmes réels. Et une véritable démocratie ne peut se passer d'un véritable pluralisme des opinions.


dimanche 11 mai 2008

De l'affaire de l'hormone de souffrance

L'intérêt général, la santé publique ont-elles encore une fois abdiqué devant les intérêts financiers? La France s'est en effet caractérisée ces dernières années sur quelques dossiers – amiante, sang contaminé – comme un pays où la vérité scientifique a abdiqué face à la vérité financière. La description faite par l'hebdomadaire Marianne (numéro du 3 au 9 mai 2008) de l'affaire de l'hormone de croissance, actuellement en procès, confirme cette règle.

Dans ce dossier cent dix personnes sont décédées suite à un traitement à l'hormone de croissance, contaminées par la maladie de Creutzfeld-Jacob. Pourtant dès 1980 le professeur Montagnier émettait des avertissements sur le danger de la transmission d'encéphalopathie par les hypophyses. Pourtant dès le premier décès en 1985 les Etats Unis et la Grande Bretagne ont arrêté la fabrication de ce traitement, alors que la France a continué jusqu'en 1988.
Mais on continue à diffuser cette hormone. Dix à quinze ans après les injections les premiers décès surviennent.

En cause l'association France Hypophyse qui a fabriqué et diffusé l'extrait d'hormone prélevé sur les cadavres. Cette association est née de l'ambition de deux grands pédiatres dès 1973. Ceux-ci sauront utiliser leur réseau composé parfois de personnes ou institutions prestigieuses : le produit est diffusé sans autorisation ni visa ministériel de contrôle.
En cause aussi des pédiatres, des représentants du ministère de la Santé, de l'Institut Pasteur (qui souhaitera bénéficier de la manne financière que représente l'hormone), de l'INSERM, de la Pharmacie centrale des hôpitaux.
En cause par ailleurs les connivences politico-médicales : “Tous se connaissent, dînent ensemble, et sont en connivence. C'est ce copinage prestigieux qui explique sans doute la catastrophe” affirme un avocat des parties civiles : d'où des passe-droits pour les autorisations et un silence lors des premiers décès.
Au mépris de la législation le prélèvement d'hypophyses donnait lieu à des prestations financières.

Au niveau étatique on essaie d'étouffer le versant “politique” de l'affaire. Craignant un nouveau sang contaminé, Pierre Bérégovoy propose dès 1993 une indemnité aux victimes afin d'éviter que la responsabilité de l'Etat ne soit mis en cause : les victimes doivent renoncer à poursuivre l'Etat pour bénéficier de cette indemnisation. Edouard Balladur et Simone Veil utiliseront le même mécanisme.

Actuellement sept personnes sont inculpées pour homicide involontaire et tromperie aggravée.


jeudi 8 mai 2008

Les pesticides : testés et approuvés par la grande Faucheuse

Si la France ne réussit pas à gagner le championnat d'Europe des Nations de football cet été, il y a un championnat d'Europe où elle reste invincible : c'est l'utilisation de pesticides.
La France utilise ainsi chaque année 75 000 tonnes de pesticides, ce qui en fait de loin la première utilisatrice européenne. 80 % de nos rivières en contiennent, idem pour 57 % de nos nappes phréatiques, l'air aussi en est infecté : jusqu 'au trois quart de ce qui est épandu se retrouve dans l'air et nous retombe dessus en cas d'averse.

Et pourtant les effets des pesticides sur la santé sont gravissimes : selon une récente étude du laboratoire Santé, Travail, Environnement de l'université de Bordeaux 2 les agriculteurs auraient 2,2 fois plus de « chance » de développer une tumeur cérébrale. Idem pour la maladie de Parkinson.
Pour les populations, malheureusement (ou heureusement...) aucune étude. Mais les experts font part de l'extrême prudence à avoir concernant les pesticides.

Et les pesticides, tel Oussama Ben Laden, savent se cacher. 47 % des légumes sont saupoudrés d'insecticides ou désherbants. Pour les fruits le chiffre monte à 67 %. Et passer votre fruit ou légume sous l'eau ne sert à rien : les substances s'enfoncent dans la chair jusqu'à 8 millimètres.

Heureusement il y a eu le Grenelle de l'hypocrisie. Au cours de ce Grenelle un groupe intitulé « Instaurer un environnement respectueux de la santé » s'est constitué. Parmi ses propositions : réduire de 25 à 50 % les pesticides à moyen terme. Le lendemain de cette proposition les membres du groupe reçoivent un mail avec un document de synthèse envoyé par le président du groupe Dominique Maraninchi, avec trois heures pour envoyer des remarques sur le document! Sur le document il est simplement indiqué que certains veulent réduire les pesticides, mais constate que d'autres pensent que retirer du marché les molécules les plus dangereuses suffirait.
Selon le Canard Enchaîné – auteur de l'article – les « autres » seraient le président du groupe, les représentants du ministère de la Santé et de l'industrie agrochimique.
Au final les participants recevront le document final qui ne retient plus une réduction des pesticides, mais simplement d'une élimination des pesticides les plus dangereux (cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques) : au total cinquante substances. Exclues les molécules « potentiellement » dangereuses comme les perturbateurs endocriniens, immunotoxiques ou neurotoxiques, qui pourront donc continuer à être utilisés.

A noter qu'une étude du réseau Pan-Europe, qui s'occupe du domaine des pesticides en Europe, a constaté la présence de pesticides généralisée dans les vins français. Du coup ça sera même plus possible de boire pour oublier nos cancers. Après l'échec du travailler plus pour gagner plus, c'est l'échec du boire plus pour oublier plus. Triste époque.

mardi 6 mai 2008

De la Justice en Afrique (avec le génialissime Gohou)